Article septembre 2019

La relationnalité dans l'accompagnement de fin de vie — Cahiers de l'Actif

Fin de vie et deuil dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité «Rassurez-vous, | la mort elle ne m’aura pas deux fois » La relationnalité dans l’accompagnement de fin de vie

La fin de vie est un moment particulier qui peut tout autant nous recentrer sur «lessentiel» comme exacerber nos vulnérabilités. La qualité de la relation que l’éducateur saura nouer avec la personne concernée et/ou son entourage participe «de ce qui compte» dans ce contexte si complexe. Ce moment qui entoure la mort met en exergue l’importance de la vie, dont la relation est le vecteur, à condition d’être initiée et régulée par la relationnalité.

| L’enjeu de cet article est de montrer, en prenant appui sur trois exemples qi! d’accompagnement, l’importance de cette notion, véritable boussole de la relation éducative.

I - MARC, MÉLINA ET YANN

Marc est né prématurément, ce qui lui a laissé de nombreuses séquelles. Il ne vécut que deux ans malgré plusieurs opérations qui n’ont pas permis de le sauver. Entre l’espoir que suscitait pour ses parents chaque opération et la désillusion qui suivait, quelle place leur restait-il pour «vivre une relation» sans qu’elle soit rendue impossible par ce contexte envahissant à l’issue évidente? «Comment osez-vous parler de vivre une relation» pourrait-on m’opposer ! Je me suis d’ailleurs interrogé sur ma légitimité et la place que je pouvais avoir dans cet accompagnement, que pouvais-je m’autoriser et jusqu’où, face à une famille confrontée à une telle douleur ?

Philippe Poirier

Directeur du développement pédagogique à l’EFPP - École de Formation Psycho- Pédagogique - à Paris. Il est éducateur spécialisé de formation initiale et ancien directeur d’établissement.

nn, C Les Cahiers de l’Actif- N°516/517 133

UN dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité

Fin de vie et deuil

J’ai accompagné Mélina durant 5 années au cours desquelles nous avons tenté, avec une collègue, de stopper sa fuite en avant autodestructrice dont la drogue et la prostitution constituaient les principaux symptômes. J’ai immédiatement pensé à Mélina quand j’ai commencé à réfléchir à cet article, preuve une nouvelle fois | qu’elle ne m’avait pas laissé indifférent et que le souvenir de son accompagnement est encore très présent en moi.

| | Très affaiblie par les conséquences de sa maladie (sida), elle se savait mourante. | | Nous l’aiderons à préparer son départ en mettant en place les conditions qui lui | | permettront de confier son fils de 3 ans dans les meilleures conditions. Puis nous | | partagerons des moments en privilégiant le carpe diem, l’intensité du moment vécu ; ul | le sida ne devait pas gagner deux fois en l’empêchant de vivre ce qui lui restait à | : vivre avant qu’elle ne soit trop épuisée. |

4 Yann également fait partie des personnes que j’ai accompagnées et qui An ont contribué à façonner le professionnel que je suis devenu. Pourtant Yann, également affecté par le sida, m’a renvoyé à mon impuissance à l’aider :

«Foutu pour foutu j’y vais à fond » m’avait-il dit un jour.

Il avait multiplié les conduites à risque, avait plusieurs rapports avec des hommes différents chaque soir dans les boîtes qu’il fréquentait. Seul le lien DA . d’accompagnement (pour reprendre une belle formule de Paul Fustier) permettait | que nous continuions à nous voir, même si nos rencontres s’espaçaient au fil du ti temps. Puis son état, vraisemblablement du fait de ses excès, se dégradera très rapidement, notre dernière rencontre aura lieu à l’hôpital d’où il m’avait appelé. Selon ses dires j’étais l’une des rares personnes à être venu le voir. Il décéda peu ill) de temps après.

{he Ce moment où la vie et la mort se rejoignent peut ébranler nos certitudes sur le sens de la vie. Dès lors, à quel dispositif relationnel l’éducateur pourrait-il se référer pour aider la personne à affronter ce moment si particulier ? Pour répondre à cette question, je vais développer ces exemples en me référant à la notion de relationnalité’ (Poirier 2012, 1016, 2018, 2019), actuellement reprise et enrichie par Augustin Mutuale avec le concept d’écorelationnalité (Mutuale 2017). L’approche des échanges sociaux développée par Marcel Mauss autour du donner,

‘ recevoir, rendre et de deux couples liberté et obligation puis souci de l’autre et attention à soi, constituent l’inspiration initiale de ma réflexion. Confrontée à ma pratique d’éducateur, elle s’est infléchie jusqu’à se résumer en une question : sur quoi prennent appui nos relations de telle sorte qu’elles contribuent à initier, réguler, enrichir nos liens à l’autre ?

1! 1. Les termes en italique de cet article renvoient à mes différents écrits (hormis bien sûr l’emploi de termes ou d’expressions latines).

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Fin de vie et deuil dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité

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II - L’ÊTRE-ENSEMBLE, SON DOUBLE OPPOSÉ, ET LA RELATIONNALITÉ : UN SOCLE CONCEPTUEL POUR LA RELATION?

Le développement qui suit prend appui sur un principe simple : notre humanité se déploie au travers de nos relations. Pourtant la plupart du temps notre attention se porte soit sur nous-mêmes, soit sur l’autre, au point de négliger sinon d’oublier les mécanismes propres à la relation en elle-même.

Toute pratique éducative s’appuie sur la relation, pour faire vivre le moment de l’accompagnement, en investissant l’espace de J’êfre-ensemble, grâce à la relationnalité.

Avec des personnes en situation de vulnérabilité, la relationnalité permet de faire un pas de côté pour ne plus se trouver dans un face à face relationnel, mais dans un côte à côte — celui de l’accompagnement -, qui ouvre au possible d’un horizon partagé, du fait de la «relation de biais» (/bid.) qu’elle rend possible. La relationnalité relève ainsi d’une double démarche psychopédagogique et clinique, pour décliner l’art de faire vivre l’être-ensemble et d’offrir par là-même sa boussole à l’accompagnement.

L’’être-ensemble, lieu d’une relation humanisante se décline autour d’un axe central caractérisé par la transcendance et l’historicité (sur lesquelles je reviendrai en développant la situation de Mélina), enrichies par la spirale relationnelle faite de gestes, de mouvements vers l’autre qui disent le lien, qui renouvellent et maintiennent la relation en mouvement autour des quatre moments de l’être- ensemble composant un tout cohérent.

m Le premier moment est celui de la sollicitude, initié par le couple se soucier de l’autre et s’autoriser à. Elle se caractérise par un élan vers l’autre sans calcul de ce que cela peut apporter, car porté par un désir ayant trouvé sa cible. Ce premier couple privilégie relationnellement le donner et intérieurement le souci de s’engager.

m Le second moment est également constitué de la capacité à s’autoriser, mais cette fois-ci couplée à l’attention à soi. Ce second couple, dans la continuité du précédent, caractérise ce moment du lâcher-prise, il aide d’un point de vue relationnel à accepter de recevoir et se traduit au niveau intrapersonnel par la capacité à accepter d’éprouver ce que l’on ressent.

m Le troisième moment de repli sur soi prolonge le précédent, il s’articule autour du couple attention à soi et obligation. Du point de vue relationnel

  1. Je n’ai pas su faire autrement que d’offiir d’abord une synthèse du modèle relationnel auquel je me réfère, avant de montrer sa présence et son effectivité dans ma pratique. Cela conduira parfois le lecteur à des aller-retour entre les notions présentées dans cette partie et les situations développées ensuite.

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Fin de vie et deuil

CN dans accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité U il contribue à discerner la posture la plus ajustée pour engager le moment suivant et il offre au niveau intrapersonnel l’espace pour se ressourcer en portant un regard sur les effets en soi et pour soi, de ce qui se joue et ce qui se noue relationnellement.

m Le quatrième moment s’organise autour de l’obligation de se soucier de l’autre, ce couple caractérise le moment de la relance. Il se traduit du point de vue relationnel par le fait de reprendre l’initiative, de donner à nouveau et/ou à son tour, tandis que le niveau intrapersonnel nous renvoie à la part de risque et d’inconnu contenu dans tout nouveau geste posé, il nous rappelle que nous ne pouvons faire autrement que d’assumer nos responsabilités si nous voulons que l’être-ensemble reste en mouvement, que la relation vive, que l’accompagnement se poursuive.

Les «visuels» chers à la catégorisation d’ Antoine de La Garanderie trouveront ci-dessous la reprise de ce modèle relationnel résumé sous la forme d’un premier schéma rappelant une toupie.

ÿ Sesoucier de l’autre

Lichar prise . S’obtesr

S’eutoriser

Reyf vers l’itires

Erprésent da de l’ére-casemble Ph Poirier 42019

Envisager l’accompagnement avec la relationnalité ne dénie pas pour autant la force des effets délétères d’une relation contrainte, qui ne reposerait plus sur le souci de l’autre, mais sur la méfiance à son égard. Autrement dit, si l’éducateur vise avec la relationnalité le déploiement de l’accompagnement dans l’espace de l’être-ensemble, il considère avec toute l’attention nécessaire son double opposé, «le côté obscur de la relation »*,

Ce côté obscur envisage la relation dans sa dimension pauvre, c’est-à-dire comme une simple mise en rapport, où la méfiance de l’autre a pris le pas sur le souci de l’autre et la contrainte sur l’obligation. La contrainte ne peut trouver aucune articulation avec la liberté dont elle est l’exact opposé, dans ce cas seule la rupture s’impose : libre ou contraint, mais en aucun cas librement contraint.

  1. Le lecteur acceptera j’espère ce clin d’œil à Dark Vador et à la saga de la Guerre des étoiles pour indiquer avec un peu de recul les conséquences délétères de relations envahies par ce double opposé de l’être-ensemble.

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Fin de vie et deuil dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité

Chaque moment prend un sens opposé à celui qui lui correspond dans l’espace de l’être-ensemble pour donner les quatre moments du côté obscur de la relation.

m Dans le premier moment, le calcul est préféré à la sollicitude, la relation est utilisée à ses seules fins personnelles, il n’est plus question de donner (sauf par stratégie pour obtenir davantage en retour), mais de garder autant que possible. Ce couple constitué de la méfiance couplée à une liberté érigée en dogme se traduit au niveau intrapersonnel par le souci de se préserver plutôt

_que de s’engager.

m Le moment du lâcher-prise ensuite, cède la place à la volonté de puissance, la | 2 liberté couplée à l’attention à soi prend une nouvelle orientation caractérisée (| du point de vue relationnel par la volonté de prendre au lieu de recevoir, et au niveau intrapersonnel par un sentiment de toute maîtrise sur l’autre et sur les événements au lieu de se laisser aller à éprouver.

m Dans le troisième moment, le repli s’efface devant la suspicion. L’attention à soi et la contrainte provoquent au niveau relationnel un mouvement de | protection et d’isolement à l’égard de l’autre, entretenu et renforcé au fond de soi par un mécanisme d’auto-persuasion (la victimisation trouvant ici un terrain d’expression favorable), ce qui ne permet plus de discerner ni de se ressourcer.

m Comme l’évitement de l’autre est globalement impossible et qu’un affrontement s’avère souvent coûteux, le quatrième moment est celui du

L compromis, délimité par le couple contrainte et méfiance, marqué d’un point de vue relationnel par une négociation avec l’autre et le sentiment intrapersonnel de devoir céder le moins possible (pour ne pas se faire avoir, lorsque nous ne parvenons plus à faire céder l’autre), au lieu de prendre la mesure de sa responsabilité à relancer la relation par le donner à son tour.

Dans ce contexte du double opposé, la spirale relationnelle devient celle de l’intérêt, la transcendance cède la place à lindividualisme tandis que lhistoricité n’est plus qu’utilité. |

Le double opposé est représenté ci-après sous la forme d’un second schéma construit sur la même base (toupie) que le premier.

Se méfier de l’autre nl ale, =, De l’intérêt

Moment du S’autoriser

AMaïtiser Moment de


Lapuissance +. Prendre Être contraint

F Être attentif à soi-même { É

SSSR +

Contexte

DETTE

Deable opposé de l’étre-reserble Fh Poirier 042019

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—{ Les Cahiers de l’Actif- N°516/517 137

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Fin de vie et deuil

\ dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité T

L’être-ensemble et son double opposé se répondent sans cesse, entrent régulièrement en collision, s’entrecroisent constamment comme nos exemples le montreront. Ils caractérisent un modèle relationnel qui décline notre richesse et bien sûr notre complexité. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’il est question de l’être humain, d’un être qui, par la relation, cherche son humanité, s’en approche ou parfois au contraire s’en éloigne ?

! Pour répondre à sa mission, l’éducateur s’essaie à déployer l’accompagnement : dans le registre de l’être-ensemble, mais cette intention a-t-elle encore un sens face : à la mort qui s’annonce ?

Est-il encore possible de parler de «relation de biais» et «d’horizon partagé» comme je l’annonçais plus haut dans ce texte, lorsque cet horizon se restreint du fait de la mort qui s’annonce? Dans ce contexte, le côté obscur de la relation ne prend-il pas le dessus, définitivement ?

: L’éducateur lui-même peut-il échapper à ce mouvement, alors qu’il constitue un | réceptacle des blessures et des vulnérabilités relationnelles des personnes qu’il . accompagne, qu’il est ainsi pris dans des jeux relationnels complexes inévitables du fait de son nécessaire engagement ? \

La relationnalité, parce qu’elle constitue l’assise de l’accompagnement, aide à saisir les mouvements relationnels pour agir dessus, en éviter les pièges, les orienter vers l’être-ensemble, puis les réguler et les relancer. Sa pertinence apparaît avec force pour étayer l’accompagnement dans ces moments particuliers de fin de vie qui nous renvoient et mettent à l’épreuve l’épure de notre humanité. Je me souviens encore du trait d’humour étonnant dont avait fait preuve Mélina :

«rassurez-vous la mort elle ne m’aura pas deux fois », la mort qui s’annonce doit prendre le dessus sur la vie le plus tard possible, si nous ne pouvons faire autrement que de l’accepter, cela ne signifie pas pour autant que la relation doit se laisser mourir elle aussi. Au contraire elle témoigne jusqu’au bout qu’elle est la vie. Cette conviction, je vais tenter de l’illustrer en reprenant les trois exemples introductifs.

: Je n’insisterai jamais assez sur le fait que ce modèle théorique d’organisation et de | régulation des relations proposé et synthétisé ici est une construction issue de la t pratique.

S’il permet de dégager des principes généraux, ceux-ci sont constamment mis à l’épreuve de la réalité, c’est-à-dire de l’effectivité de la relation. De ce fait et comme tout modèle, il ne cesse d’évoluer, de se préciser, de se complexifier, de s’enrichir, d’être confronté à d’autres. en ce qui me concerne, son objet principal est de fournir des clés pour mener à bien la mission d’accompagnement dont la complexité est trop souvent déniée. L’accompagnement de fin de vie et le deuil en constituent une parfaite illustration.

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Fin de vie et deuil dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité

DH - LE PÈRE DE MARC ET LA DIFFICULTÉ À DEMANDER |

La déstabilisation que provoque l’approche de la mort transforme souvent les h relations, certaines personnes s’autorisant alors plus facilement à «demander». b Au-delà de ma réponse à une éventuelle demande concrète, mon premier ‘H mouvement légitime est de me dire que j’ai acquis la confiance de ces personnes, il qu’elles souhaitent mon soutien. Voyons cela de plus près. Si c’est le cas, demander relève du donner car celui qui demande anticipe, fait le pari, voire prend le risque de faire appel à moi parce qu’il est convaincu que je répondrai. De même demander, en témoignant d’une confiance donnée, «anticipe le recevoir» (Poirier 2012). Demander peut tout autant relever du donner à son tour, en ce sens que la f personne a bien reçu la proposition d’aide et qu’elle l’accepte par le geste explicite A qu’elle pose en demandant. jf

| Parfois, il arrive que la demande ne soit pas formulée, l’éducateur doit la deviner; j’ai 1!

| connu des accompagnements qui se sont soldés de mon point de vue par un échec,

| soit parce que je n’avais pas saisi la demande, soit parce que ma réponse ne | correspondait pas aux espoirs de la personne, peut-être démesurés et/ou impossibles | à satisfaire. :

L’ambivalence de la demande est également fréquente, dans le contexte qui nous intéresse ici, elle vient de ce que la souffrance et l’envahissement émotionnel dus à la perte, bloquent la dynamique de l’être-ensemble en mobilisant en lieu et place du lâcher-prise et du ressourcement dans la relation, la maîtrise, le prendre |

_et la victimisation : nous ne voyons plus l’autre, nous ne sommes plus accessibles | f | { à la relation, nous prenons, nous voulons maîtriser pour ne pas être submergés par la douleur. Le recevoir qui ne peut s’entendre que dans la dimension relationnelle, it est inaccessible du fait d’une recherche de maîtrise sur les événements comme fie réponse trouvée pour survivre. Dès lors et bien que la relation soit souhaitée, il | faut s’en protéger, il ne reste plus qu’à s’en auto-persuader. s’il (l

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{ Le père de Marc, par exemple, passa une période qui relevait de cet état. Épuisé et impuissant face à sa détresse, je m’étais laissé aller à me dire : «Il est devenu complètement parano, il en veut à tout le monde, je ne sais plus quoi faire.» L’éducateur souhaite prendre appui sur la sollicitude et provoquer le lâcher-prise des personnes qu’il accompagne. Mais elles se trouvent parfois dans de telles situations . de vulnérabilité que le processus inverse de celui espéré, l’être-ensemble, prend le hi. dessus pour laisser le «côté obscur» dominer. Dois-je pour autant me laisser ( emporter avec le père de Marc dans cette spirale relationnelle destructrice ? Je | Li répondrai bien évidemment par la négative, j’y parviendrai d’autant mieux que je ‘ percevrai et/ou repèrerai la dynamique relationnelle prioritairement sollicitée aux niveaux intrapersonnel, relationnel et in fine éthique.

plus, et l’auto-persuasion, même si elle ne va pas jusqu’à la suspicion, le confirme dans son besoin de se protéger, mais au risque d’un isolement mortifère. Comment il

P | le ramener vers les moments du lâcher-prise et du repli vers l’intime qui l’aidera à A

Revenons à la réaction du père de Marc, l’autocentration domine, il n’entend | |

D : Ç Les Cahiers de l’Actif- N°516/517 139 (fe

Fin de vie et deuil + « dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité se ressourcer, c’est-à-dire à se retrouver face à lui-même pour envisager la qualité de ses relations avec ses proches; son fils, bien sûr, mais aussi sa femme et la grande sœur de Marc dont il était dit qu’elle était très mûre pour son âge et dont je préférais souligner qu’elle aidait ses parents, parfois trop, et qu’elle méritait elle aussi de l’attention.

On entend parfois dire que l’éducateur ne doit pas toujours intervenir tout en restant disponible. Cela conduit parfois certains à oublier leurs responsabilités et leur mission, en confondant le terme de disponibilité avec celui de désengagement. Or on voit bien ici que la seule option dont dispose l’éducateur est une disponibilité active, laquelle demande une attention de tous les instants. Je me souviens à ce propos d’un jeune stagiaire qui m’avait dit un jour :

«On n’a rien fait, mais je suis épuisé à force d’avoir cherché à tout saisir ».

Il faut en effet rester attentif à tous les micro-gestes, au moindre signe qui permet de maintenir le lien, de le relancer, de l’orienter vers des perspectives moins morbides. Et de s’appuyer sur la qualité de la relation construite avec les personnes pour oser se confronter à elles. Ce fut le cas avec le père de Marc. Je sentais l’émotion monter en moi, j’étais touché, mais l’habitude de ce type de situations m’avait appris à en faire un outil de travail. Je décidai de l’interrompre, ma voix était chargée d’émotion, je le savais, je le sentais, mais (ce jour-là) j’étais paradoxalement tranquille au fond de moi, car je savais ce que je faisais, même si je ne savais pas forcément où cela me conduisait :

«Vous n’avez pas le droit de dire cela, je fais mon possible, les équipes médicales font ce qu’elles peuvent, il y a des gens autour de vous qui vous soutiennent et vous ne voyez plus rien, ça ne va pas, c’est injuste ».

| Quoi de plus injuste. que la mort annoncée de son enfant! Et je lui parle d’injustice | de sa part! Ce mot m’avait échappé, il n’était pas prévu, d’ailleurs je ne savais pas | ce que j’allais lui dire, c’était quitte ou double, le ton de ma voix exprimait mon | émotion, et mon attitude à la suite de mon propos montrait que j’attendais | - fermement - une réponse de sa par, autrement dit je désirai qu’il me réponde, je | voulais le dialogue, j’espérais qu’il lâcherait prise, qu’il accepterait et laisserait une | place à l’autre dans sa souffrance. Je cherchais le partage, mais cela devait passer | auparavant par une confrontation. Sa femme aurait pu prendre la parole pour le | soutenir, mais je crois — après coup — que «ce coup de gueule » lui faisait du bien, : car elle non plus n’avait plus guère accès à son mari et elle en souffrait. Il s’effondra, | je fis un geste à sa femme qui allait se précipiter vers lui pour l’enlacer, pour qu’elle | se retienne. Je sentais qu’il fallait que «ça sorte », ce que j’éprouvais était désormais | d’un autre ordre, je lâchais prise moi aussi, l’empathie c’est-à-dire le fait d’éprouver Ï ce qu’il ressentait, dominait et je poussais mon avantage : «Merci de la confiance

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Fin de vie et deuil dans laccompagnement des personnes en situation de vulnérabilité que vous me faites, car vous auriez pu m’envoyer balader alors que mes propos étaient durs ». En lui parlant.ainsi, avec sincérité, je lui montrais que je recevais de sa part, que je le reconnaissais comme ayant de la valeur à mes yeux, car je craignais : Î sa réaction et, donc, je n’y étais pas insensible. Et puis, surtout, je lui permettais de jh reprendre la main, de réinvestir l’être-ensemble tout en se souciant à nouveau de M l’autre : «excusez-moi je ne sais plus où j’en suis» exprima-t-il en sanglots, il assumait le E | fait d’agir à nouveau en reprenant une parole constructive, il acceptait d’éprouver sa souffrance, mais dans le registre du lâcher-prise que signifiaient ses pleurs et le é fait qu’il accepte toujours de me parler. Sa femme s’approcha de lui, il se tourna et

| la serra dans ses bras.

Cette situation semblera à certains quelque peu mélodramatique, pourtant elle 14 illustre bien ce mouvement entre l’être-ensemble et sa face obscure, et le rôle que | peut prendre, dans ce contexte, l’éducateur. Le modèle de l’être-ensemble n’est pas hors-sol, il résulte du souci de comprendre ce qui se jouait et ce qui se nouaïit | avec les personnes que j’accompagnais et pourquoi il m’arrivait d’échouer (ou du | moins d’en avoir le sentiment). L’analyse de l’illustration proposée ici est donc (il une reconstruction à la lumière de la relationnalité, cet outil qui m’accompagne quotidiennement, que j’ai forgé au fil de mon expériencé professionnelle et que je conceptualise dans mes ouvrages ou à l’occasion d’un article comme celui-ci. î

Il est important de bien comprendre que la théorie est un mouvement incessant 1 de confrontation entre des principes généraux devant s’ajuster à des situations ir toujours singulières. ik

IV - MÉLINA : LA FORCE DE LA TRANSMISSION 1

Mélina avait abandonné ses conduites autodestructrices depuis une année, elle avait également accepté l’idée de confier son fils à son parrain, car elle reconnaissait qu’elle n’était pas encore en mesure de l’éduquer dans de bonnes 1 conditions. Et puis, elle s’affaiblit rapidement et, avec cela, son espoir d’élever is un jour son fils. Quels appuis l’éducateur peut-il trouver, sinon faire vivre avec la | relationnalité l’être-ensemble en essayant autant que possible d’éviter un repli sur soi destructeur ? Mélina était mère, elle pouvait s’appuyer sur ce qu’elle souhaitait transmettre à son fils et créer les conditions de «l’après», comme elle le disait parfois. C’est cela qui nous permit de rester dans le registre de l’être-ensemble, elle nous parlait beaucoup de ce qu’elle aurait souhaité faire, vivre.

Parler et se savoir écoutée, comprise, non jugée, prise en compte dans ses désirs, 4 soutenue dans ses démarches, le tout dans un dialogue constant où chacun donnait 15. son avis, argumentait son désaccord, mais maintenait le lien. Lorsque Mélina, qui il n’avait pas abandonné son caractère colérique, s’emportait, elle revenait toujours vers nous, car elle percevait l’importance de son lien avec ses éducateurs (soulignons

Les Cahiers de l’Actif- N°516/517 141 fl e

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CN, dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité

Fin de vie et deuil |

| que son fils était à l’autre bout de la France et qu’elle ne pouvait pas le voir souvent). dl | Nous l’aidions à nommer, donc à faire preuve d’engagement à notre égard et, par f| … là-même, à se soucier du devenir de son fils, nous l invitions par le dialogue à oser

| lâcher prise en éprouvant sa tristesse. Il ne lui était plus guère possible de recevoir | autre chose que la conviction que son fils aurait un avenir, mais c’était l’essentiel.

Elle se posa beaucoup de questions sur «l’après», Dieu, la vie éternelle. ce n’est pas forcément surprenant, car en ces moments, l’éducateur doit accueillir également cette dimension présente en l’homme. Je considère que le religieux comme l’athéisme et l’agnosticisme relèvent de choix personnels sur lesquels je n’ai pas de position à avoir, laïcité oblige. Par contre, je dois être en mesure d’accompagner le cheminement spirituel de la personne que j’accompagne. Cette dimension spirituelle peut être entendue comme ce qui touche au sens de notre vie, H sa perception, sa signification, la direction qu’elle prend ou que l’on souhaite lui BH donner. Elle rejoint la dimension religieuse lorsque ce besoin de sens est soutenu par le besoin de croire, de donner sa confiance; credere en latin signifiant « faire crédit».

il Cette évolution de Mélina rejoint les deux parties de l’axe de l’être ensemble, la Li] transcendance et l’historicité.

HU: : | Toute relation est faite des gestes posés par chacun et qui se répondent. (i Aucun geste ne s’annule, ils font et fondent la relation. Cette histoire qui se construit peu à peu constitue un socle, l’historicité, sur lequel elle s’appuie il en même temps qu’elle offre une visée, un dépassement, un «plus grand que Qui soi ensemble», une transcendance, que la spiritualité peut venir éclairer et/ ou enrichir.

La transcendance nous permet de nous élever, donne sens à nos actes, légitime nos engagements «pour des causes qui nous dépassent», comme nous le rappelle Paul Ricœur. L’homme se trouve dans le dépassement, lequel le renvoie 4} à quelque chose de plus grand que lui et qui, concomitamment, le grandit. Mais

Ki elle le grandit en renforçant ses liens et en l’enracinant dans une histoire avec ceux | qui le suivent et sont avec lui. La transcendance s’appuie ainsi sur ce mouvement réciproque entre moi et l’autre qui participe de ce dépassement et colore en même temps l’historicité de la relation. En effet, comment être porté par une cause qui nous dépasse, si nous balayons toute mémoire qui nous aiderait à donner une signification et une direction à nos gestes ? À l’inverse, à quoi bon engranger une historicité qui ne contribuerait pas à nourrir une transcendance ? L’historicité et la transcendance reliées sur un même axe viennent signifier que chacun apporte ses :! contributions à l’être-ensemble avec ce qu’il est, son histoire, ses blessures, l | ses expériences de vie. Dans ce moment de fin de vie, cette double dimension qui nous enracine et nous élève est souvent présente. Chacun singularisera ce moment tra ue 142 Les Cahiers de l’Actif - N°516/517 à}

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Fin de vie et deuil dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité de «bilan» en privilégiant certains aspects plutôt que d’autres, une dimension plutôt que l’autre. L’accompagnement veillera à soutenir le besoin de relier ces deux dimensions que la proximité de la mort met en tension. Cela permet aussi de ne pas nier, voire dénier la souffrance. Elle peut s’exprimer, se nommer, se partager.

| Je dois pouvoir accueillir les blessures, les sentiments d’échec, l’impossibilité de | «recommencer à zéro». avec l’empathie nécessaire, sans pour autant qu’elle ne

| m’envahisse, car alors je ne serais plus en mesure d’accompagner la personne.

Il faut à ce propos rester attentif à soi-même, car certains contextes peuvent nous renvoyer à des blessures telles qu’il nous devient impossible de répondre correctement à notre mission. Dans ce cas, et si nous ne parvenons plus à faire face, le dispositif institutionnel doit pouvoir nous soutenir, voire nous permettre de passer la main.

V - YANN ET MON IMPUISSANCE T

Au cours de mon accompagnement, je pense avoir amené Yann à vivre des moments relevant de l’être ensemble. Malheureusement, la réponse qu’il trouvait trop souvent consistait à se protéger de toute émotion qui pouvait l’amener à partager, lâcher prise, à se ressourcer pour s’engager véritablement dans une relation et construire un:projet qui lui aurait ouvert l’avenir. Lorsque je fais connaissance avec Yann, il est perclus des blessures relationnelles ayant jalonné sa jeune vie. Je ne peux me contenter de ce constat, je dois les prendre en compte pour repérer les interstices de confiance que Yann laisse parfois échapper, tenter de bâtir un lien à partir de ce «si peu», accepter ses manipulations, ses calculs pour obtenir une aide matérielle, dont il ne tirera comme triste bénéfice que l’impression d’avoir obtenu, gagné, pris quelque chose.

Je ne suis pas dupe, je sais où il se situe, l’inverse de l’être-ensemble, le «côté obscur», domine et je sais qu’il m’utilise. Je suis pris dans un jeu subtil où je tente de l’amener à ce qu’il ne prenne pas, mais qu’il accepte de recevoir l’aide que je lui propose, qu’il ne me «calcule» pas, mais qu’il reconnaisse et supporte le fait que j’attende qu’il s’engage en «me» reconnaissant en retour, c’est-à-dire en reconnaissant mon engagement à son égard.

On touche ici le travail d’intentionnalité de l’éducateur, le fait que nous nous accordions (pas seulement formellement) avec la personne accompagnée sur une ou des intentions communes. Notre relation a basculé le jour où je lui ai dit que je me sentais impuissant à l’aider. À ce moment je me souciais de lui et je m’autorisais, librement, à lui faire part de mes limites, de mon impuissance à trouver comment le mobiliser (le relancer). C’est à ce moment qu’il m’annonce qu’il est malade. Je suis tout à coup tiraillé entre deux sentiments, ce qu’il me l

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Fin de vie et deuil dit relève-t-il enfin de l’ouverture tant espérée, ou est-ce encore une tentative de manipulation pour éviter les conséquences que pourraient avoir cette information auprès du magistrat auquel je dois rendre des comptes ? Cela ne me suffit pas, il doit aller plus loin, je cherche à ce que ma réponse soit la plus neutre possible, il doit en dire plus et je verrai ensuite ce que je décide. Le risque est grand qu’à mon tour je sois envahi par le «côté obscur», je le sens. Ce jour-là je ne pourrai faire plus que de lui dire : «j’ai besoin de réfléchir à tout ça, on prend le temps de digérer ce qu’on vient de se dire et on se revoit», l’échange se conclut sur une prise de rendez-vous.

C’est dans de telles situations que le travail d’équipe s’avère essentiel. «Il m’énerve, il se joue de moi encore, il me fatigue. », j’avais besoin de lâcher prise à mon tour avec mes collègues, je m’apercevais qu’il m’avait effectivement usé, alors qu’au moment de notre échange j’avais eu l’impression de faire preuve d’une juste proximité pour provoquer enfin sa réaction. L’accompagnement se serait interrompu si je n’avais eu auprès de moi des collègues plus sereins et à même de m’aider à regarder le chemin parcouru.

Le fait qu’il vienne au rendez-vous fixé fournirait un élément de réponse, m’avaient-ils permis de conclure. Je pouvais le rencontrer plusieurs fois par semaine à certaines périodes, puis il lui arrivait de disparaître de longues semaines. Néanmoins, durant ces deux années, un lien d’accompagnement se noua.

La sérénité que j’avais acquise s’appuyait sur un principe simple : je me positionnais en l’accueillant comme :il était, comme il venait, en acceptant dans une certaine mesure qu’il tente de «m’utiliser» sans pour autant être dupe et en m’arrangeant pour qu’il le perçoive. J’étais obligé d’aller le chercher sur son terrain pour l’amener sur le mien, celui de l’être-ensemble. Mais, en définitive, qu’en savais-je, qu’est-ce qui pouvait me permettre de dire avec certitude que ses réponses relevaient de l’être-ensemble ou du côté obscur, et comment pouvais-je être certain que les miennes étaient toujours «pertinentes et constructives » ?!

{ Un signe ne trompait pas : il savait parfaitement et avec une intelligence relationnelle incroyable, déceler chez moi un positionnement défaillant et il ne se privait pas de me le faire savoir. Une chose est également certaine : il fut pour moi un excellent formateur. Le reconnaître c’est admettre que l’attention à soi est présente dans nos métiers, l’accompagnement était si délicat que le fait de me permettre d’apprendre | m’a permis aussi de l’accompagner. |

Il convient cependant que cette attention à soi ne prenne pas le pas, car dans | ce cas, sous couvert de recherche d’être-ensemble, c’est bien le «côté obscur de fl la relation» qui dominerait. On touche là, mais est-il besoin de le souligner, la | complexité des relations humaines et encore plus de l’accompagnement éducatif.

À : Je n’ai pas insisté dans ces exemples sur la douleur, la perte, le sentiment | d’abandon, le désespoir… J’aurais pu également m’appuyer sur les cinq étapes y

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Fin de vie et deuil dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité “4 du deuil si bien décrites par la psychiatre Élisabeth Kübler-Ross!. Ces sentiments et ces notions sont présents bien sûr dans tous ces «moments» qui ponctuent un accompagnement. J’ai choisi d’insister sur les points d’appui que pouvait trouver l’éducateur (et, au-delà, tout accompagnant) pour répondre au mieux à sa mission, dans ces périodes qui touchent au plus profond de notre humanité, la vie et la mort dans ses liens à l’autre et à soi-même.

VI - UN DISPOSITIF D’ACCOMPAGNEMENT POUR LA VIE

La relationnalité fournit une grille d’analyse des relations, une manière de les réguler et de leur donner corps. Elle constitue au regard de mon parcours professionnel et de ma tentative de conceptualisation, le cœur en même temps que l’objectif de tout dispositif pensé pour accompagner, ici la mort et le deuil, mais, au-delà, tout accompagnement.

] | Un dispositif d’accompagnement doit offrir au sein des équipes suffisamment de ll | temps pour «dialoguer», libérer des espaces «d’analyse de pratique» afin de

À trouver ou retrouver la juste proximité, sans laquelle des paroles peuvent être | symboliquement meurtrières.

Le secteur social et médicosocial a (avait ?) les atouts pour faire contrepoids au management gestionnaire destructeur de lien (Poirier 2008).

Au-delà des incantations, il doit plus que jamais les mobiliser pour privilégier l’équipe sur l’individualisation, développer de vraies collaborations au sein des équipes où la parole de chacun ait le souci d’être constructive, quelle que soit sa place dans l’organisation, créer les conditions qui permettront d’avoir des professionnels correctement formés, en un mot recentrer avec rigueur, engagement et créativité les pratiques sur l’humain.

La relationnalité témoigne d’un accompagnement orienté vers une relation incarnée dans l’être-ensemble. Elle s’inscrit dans une visée anthropologique qui considère que l’homme est non seulement un être de relation, mais qu’il est fait pour être en relation. Là se trouve la clé de son humanité et cette humanité se reconnaît jusqu’à la lisière de la mort. Je peux me reconnaître et je peux être reconnu comme capable de relation, je peux donner et je peux recevoir tant que la vie me le permet;

| «la mort elle ne m’aura pas deux fois ».

  1. Cinq phases émotionnelles par lesquelles passe une personne qui apprend sa mort prochaine ou celle qui est touchée par la mort d’un proche : Déni, colère, marchandage, dépression, acceptation.

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Bibliographie Mutuale À. :

  • (2017) De la relation en éducation, pédagogie, éthique, politique, Téraèdre,

Poirier Ph. :

  • (2008) Don et management, de la libre obligation de dialogue, L’Harmattan.

  • (2012) Don et bientraitance, mobiliser les ressources fragiles, Chronique Sociale.

  • (2016) Le moment éducatif. le pouvoir d’agir au risque de la rencontre, Chronique Sociale.

  • (2018) «L’engagement dans l’accompagnement éducatif», Le Sociographe, n° 61, L’engagement. au risque de l’autre.

  • (2019) «Une clinique du don», Les Cahiers de l’Actif n° 508/509 Don et contre-don dans la relation d’accompagnement et les organisations de travail.

Autres Publications (voir aussi la bibliographie)

  • Critique des A.S.H. - Actualités Sociales Hebdomadaires - du 22 juillet 2016 sur

Cet article prolonge les notions développées dans :

Ce livre est né d’un étonnement, pourquoi le métier d’éducateur est méconnu et de ce fait peu reconnu alors qu’il me parait être d’une grande utilité sociale ? L’éducateur intervient un moment, dans la vie des personnes en situation de vulnérabilité qu’il est chargé d’accompagner. Qu’est-ce qui caractérise cet accompagnement pour que ce moment porte ses fruits ? Comment la personne peut-elle être partie prenante de son accompagnement ? Quel est le territoire d’intervention de l’éducateur ? Comment montrer la richesse et la complexité de la pratique éducative ?

L’éducateur peut-il échapper à la question de l’enchevêtrement du donner-recevoir pour espérer « nouer un lien qui libère », ne plus « savoir l’autre » mais apprendre avec ? Cette question a constitué le fil conducteur de ma réflexion et de sa mise en tension avec mon expérience professionnelle. Elle m’a conduit à utiliser la métaphore d’une toupie pour illustrer l’essai de modélisation de l’accompagnement socioéducatif proposé dans cet ouvrage.

Le moment éducatif à Mani Le pouvoir d’agir au risque de Ja rencontré

Philippe Poirier

  • Présentation des ouvrages, articles et interventions;
  • Chroniques vidéos mensuelles de 3° environ sur le concept de don appliqué aux relations, l’être- ensemble, « la relationnalité ».…

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