Repères chapitre 4 — Justesse et fiabilité relationnelles
Philippe Poirier, Mobiliser les ressources fragiles : don et bientraitance, Ed. Chronique Sociale, 2011 Résumé du Chapitre 4 Les composantes du don sont en place dès la naissance. La singularité du don à cet instant tient à l’existence d’une dépendance réciproque que l’éducation fera fructifier pour permettre à l’enfant de développer son autonomie. La relationnalité joue des paradoxes : elle nous invite à l’interdépendance à condition que nous soyons séparés. Elle favorise le partage de nos subjectivités, en tant qu’ouverture à l’altérité où nous donnons à l’autre la vitalité que lui-même nous transmet. Elle nous reconnaît réciproquement dépendants, donc semblables, en permettant à chacun par l’effet de la rencontre et du dialogue, d’aller vers lui-même. Dès lors la justesse relationnelle se pétrit de subjectivité partagée, de liberté éprouvée donc trouvée, dans la fidélité à soi-même et aux autres. La fiabilité relationnelle se construit dans un double mouvement : d’une fidélité à soi-même rendue effective par la parole tenue, et par la conviction que l’autre saura tenir sa promesse s’il veut être fidèle à lui-même. La relationnalité fournit des clés pour accompagner le mouvement qui permet de soigner ses blessures et de retrouver l’estime de soi ; en distinguant l’injustice de l’offense, la culpabilité et la honte, l’exonération et le pardon, les étapes réparatrices parfois nécessaires qui consistent à garder avant de pouvoir donner, à donner avant de pouvoir recevoir.